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Comment construire un référentiel de compétences qui transforme votre organisation

Imaginez la scène : votre équipe marketing cherche désespérément quelqu’un capable d’analyser des données pour avancer sur un projet déterminant.

Pendant ce temps, Julien, côté comptabilité, passe ses week-ends à manipuler Python pour optimiser ses investissements personnels.

Résultat ?

Vous faites entrer un freelance à 800 € / jour… alors que la compétence dormait juste à côté.

Et ce n’est pas un cas isolé.

D’après l’étude de Global Skills Intelligence Survey 2025, seulement 10% des professionnels RH et L&D se disent “tout à fait confiants” que leur organisation possède les compétences nécessaires pour répondre aux besoins business des 12 à 24 prochains mois.

Autrement dit : 90% naviguent à vue.

C’est un peu comme diriger un orchestre les yeux bandés. Vous entendez les fausses notes, vous percevez les tensions… mais impossible d’identifier qui joue quoi, qui pourrait monter en puissance, ou quelles ressources sont déjà là sans être valorisées.

Pourquoi vos collaborateurs sont-ils des « boîtes noires » ?

Dans beaucoup d’entreprises, on s’accroche encore à des fiches de poste figées depuis l’embauche. C’est un peu comme utiliser une vieille carte routière de 1995 : les grandes routes principales sont là, mais vous passez à côté de tous les nouveaux raccourcis et chemins qui se sont ouverts.

Le vrai problème ?

On continue de penser en termes de « poste » plutôt que de « compétences ». Or, c’est précisément ce que fait basculer un référentiel de compétences bien conçu.

La vraie question ne devrait jamais être « Que fait cette personne ? », mais bien « Que PEUT-ELLE faire ? » Et c’est cette différence qui change tout, tant dans la gestion des talents que dans la performance globale.


Astuce pratique : Commencez par un audit express
Listez 5 compétences clés par métier en vous appuyant sur vos managers. Vous verrez rapidement où se cachent les talents invisibles… et les trous dans la raquette.

Décryptage : qu’est-ce qu’un référentiel de compétences vraiment efficace ?

Un référentiel de compétences, ce n’est pas juste une liste de savoir-faire. C’est un levier stratégique pour cartographier et valoriser le capital humain de votre entreprise. Pour qu’il soit pertinent, il repose sur trois piliers essentiels : la Classification, l’Organisation collaborative et la Mesure.

Construire un référentiel de compétences performant : la méthode C.O.M
Construire un référentiel de compétences performant : la méthode C.O.M

C comme Classification intelligente : poser un socle clair

Un référentiel efficace commence par une taxonomie claire et adaptable. Je recommande une structure simple mais complète, qui distingue :

  • Compétences techniques et métiers (Hard Skills) : savoir-faire spécifiques, mesurables (ex : maîtrise de Python, gestion de projet Scrum), mais aussi expertise sectorielle (ex : connaissance du marché de la distribution, fiscalité internationale).
  • Compétences comportementales (Soft Skills) : attitudes et traits qui facilitent la collaboration et la performance (ex : esprit d’équipe, adaptabilité, résolution de problèmes).
  • Compétences transversales : ces passerelles précieuses entre équipes et fonctions (ex : gestion de projet, gestion du changement, management).

Note : pour démarrer, notamment en TPE/PME, fusionner soft skills et compétences transversales peut simplifier la démarche.

La classification n’est pas une fin en soi, mais un moyen de révéler les connexions invisibles et d’encourager la mobilité interne.

À retenir : La simplicité est votre alliée
Pour démarrer, limitez-vous à une 30taine de compétences. Trop de détails tuent l’usage. Privilégiez les grandes familles et faites évoluer ensuite.

O comme Organisation collaborative : faire vivre le référentiel

Un référentiel figé, c’est un référentiel mort. Pour qu’il soit utile, il doit évoluer avec vos équipes.

Cela passe par :

  • L’auto-déclaration des collaborateurs : ils connaissent souvent mieux que quiconque leurs compétences émergentes et aspirations. Cela les responsabilise et booste leur engagement.
  • La validation managériale : pour assurer cohérence et alignement avec la stratégie.
  • Des mises à jour régulières : car les compétences changent vite. Intégrer les données issues de la formation, des projets et des retours terrain garantit sa pertinence dans le temps.

M comme Mesure et niveaux de maîtrise : simplifier pour mieux piloter

Évaluer les compétences doit être clair et opérationnel. Une échelle simple à trois niveaux permet de qualifier le degré de maîtrise et de cibler les écarts.

Par exemple :

  • Niveau 1 – Débutant : Je comprends le sujet, mais je ne peux pas l’appliquer seul dans mon travail quotidien.
  • Niveau 2 – Intermédiaire : Je réalise les tâches courantes sans aide et sais quand demander du support face à des situations complexes.
  • Niveau 3 – Avancé : Je résous des problèmes complexes, je forme les autres et je suis une référence dans mon équipe.

Le développement, la cerise sur le gâteau

Idéalement, un référentiel intègre aussi un suivi des ambitions : où en est-on, où veut-on aller, et comment ?

Cela peut passer par :

  • Le niveau actuel,
  • Le niveau visé (objectif personnel ou collectif),
  • Le plan d’action concret : formations, mentorat, participation à des projets, etc.

Mais si ce volet ne peut pas être mis en place immédiatement, ce n’est pas un frein. Démarrez déjà par bien définir votre classification, organiser la collaboration et poser une mesure simple.

Comment mettre en place votre référentiel : 5 étapes pratiques

Étape 1 : Partir de l’existant — exploitez vos fiches de poste

Pas besoin de repartir de zéro ! Vos fiches de poste sont souvent une mine d’or… juste un peu mal exploitée.

La méthode : Rassemblez toutes vos fiches et extrayez les compétences qui y figurent. En général, 70 % de votre référentiel est déjà là, mais dispersé et désordonné.

Mon conseil : Créez un tableau simple avec trois colonnes :

  • Compétence identifiée
  • Fréquence d’apparition
  • Importance business

Les compétences qui reviennent le plus et qui sont stratégiques forment votre socle prioritaire.

Étape 2 : Interroger le terrain — ateliers métiers collaboratifs

C’est là que ça devient vraiment intéressant. Organisez des ateliers de 2h par grande famille métier.

Qui inviter ?

  • 3 à 4 collaborateurs experts
  • 1 manager opérationnel
  • 1 représentant RH (facilitateur)

L’objectif : découvrir les compétences qui font vraiment la différence, celles qui ne figurent pas toujours dans les fiches. Posez la question clé :

Qu’est-ce qui distingue un collaborateur excellent d’un collaborateur correct dans ce métier ?

Bon à savoir : L’animation fait toute la différence
Préparez un guide avec des questions ouvertes. Encouragez les participants à partager des exemples concrets de situations où une compétence a fait la différence.

Étape 3 : Structurer et prioriser — construire la taxonomie

À partir de votre inventaire, appliquez la méthode C.O.M. (Classification, Organisation, Mesure).

Règle d’or : limitez-vous à 30taine compétences maximum pour commencer. Trop c’est l’assurance de ne jamais utiliser le référentiel.

Astuce : créez des familles cohérentes. Par exemple, regroupez « Analyse de données », « Visualisation » et « Interprétation statistique » sous la famille « Data Analytics ».

Étape 4 : Tester avec une équipe pilote (2-3 mois)

Ne lancez jamais un référentiel sans l’avoir testé !

Choisissez une équipe représentative et volontaire. Faites-les s’auto-évaluer, puis demandez aux managers de valider et ajuster.

Questions à poser pour valider :

  • L’auto-évaluation prend-elle moins de 30 minutes ?
  • Les descriptions de niveaux sont-elles claires, sans ambiguïté ?
  • Le référentiel ouvre-t-il des discussions constructives sur le développement ?

Étape 5 : Déployer et faire vivre — communication et amélioration continue

Au déploiement : communiquez largement sur les bénéfices concrets : visibilité des compétences, opportunités de mobilité, plans de développement personnalisés.

Pour faire vivre le référentiel : instaurez des points de révision réguliers (trimestriels ou semestriels). Les compétences évoluent, votre référentiel aussi.

Mon petit secret : nommez des « ambassadeurs compétences » dans chaque équipe. Ils sont vos yeux et oreilles pour capter les compétences émergentes et maintenir l’engagement.

Bonus pratique : Vous pouvez aussi vous appuyer sur des référentiels existants comme ESCO pour gagner du temps et vous inspirer.

Et après la première version ?

Félicitations, vous faites désormais partie du cercle des entreprises qui voient vraiment leurs talents !

Mais votre référentiel v1.0, cette mine d’or, que faire avec ? Comment transformer cette visibilité en un avantage concurrentiel concret ?

C’est là que les entreprises vraiment matures sur le sujet creusent plus profondément. Elles ne se contentent pas de recenser les compétences : elles anticipent, orchestrent et optimisent leur capital humain, comme un chef d’orchestre qui guide sa symphonie.

Mais alors, comment identifier les compétences critiques qui feront la différence demain ? Et surtout, comment créer ces passerelles invisibles entre vos équipes, pour maximiser votre agilité et votre capacité à saisir les opportunités ?

Pour aller au-delà de la simple cartographie, il faut faire vivre et faire évoluer votre référentiel. Voici 5 leviers concrets pour passer à la vitesse supérieure et transformer cet outil en véritable levier stratégique pour les entreprises matures.

Faire évoluer votre référentiel : 5 leviers d’optimisation pour les entreprises matures

Levier 1 : L’analyse prédictive des compétences (processus continu)

  • Identifiez les 10 compétences clés pour vos objectifs business 2025-2027
  • Cartographiez vos 3 plus gros écarts de compétences actuels et futurs
  • Mettez au jour les compétences dormantes : ces talents cachés qui sommeillent dans vos équipes

Objectif : passer d’une gestion réactive (« on recrute quand on a besoin ») à une stratégie proactive (« on développe avant d’avoir besoin »).

Levier 2 : La digitalisation intelligente (projet dédié)

  • Adoptez une plateforme de gestion des talents pour automatiser la collecte et le suivi
  • Créez des dashboards visuels pour les managers (heat maps, alertes sur les écarts)
  • Intégrez vos données RH : formations, projets, évaluations

Objectif : faire de votre référentiel un véritable « GPS des talents » de votre organisation.

Levier 3 : L’orchestration des mobilités (processus pérenne)

  • Construisez des ponts de compétences entre métiers apparemment éloignés
  • Développez des parcours de carrière personnalisés basés sur les compétences actuelles et visées
  • Lancez des projets transverses pour combler les compétences manquantes

Objectif : faire de votre organisation un écosystème où les talents circulent et se renforcent mutuellement.

Levier 4 : L’intelligence collective (instaurer une culture ‘compétences’)

  • Formez vos managers à devenir des « talent scouts » de compétences émergentes
  • Créez des communautés de pratiques autour des grandes familles de compétences
  • Instaurez un système de mentorat croisé entre experts de domaines différents

Objectif : faire de chaque collaborateur un détecteur et un développeur de talents.

Levier 5 : La mesure d’impact et l’amélioration continue (processus permanent)

  • Mesurez le taux de mobilité interne (objectif : +40 % en 18 mois)
  • Suivez le time-to-fill de vos postes (réduit grâce aux compétences internes)
  • Évaluez la satisfaction collaborateur sur les opportunités de développement
  • Calculez votre ROI formation : compétences développées vs. besoins business

Objectif : démontrer que votre référentiel génère un impact tangible sur la performance et l’engagement.

Challenge : Quel levier prioriser chez vous ?
Analysez votre maturité : êtes-vous prêts à digitaliser ou faut-il d’abord renforcer la culture « compétences » ? Pas besoin de tout faire d’un coup.

Conclusion

Le référentiel de compétences n’est pas juste un outil RH, c’est un radar stratégique. Il révèle non seulement ce que vous possédez aujourd’hui, mais surtout ce que vous pouvez devenir demain.

Comme vous l’avez vu, construire un référentiel efficace demande méthode, collaboration et vision sur le long terme. C’est un vrai changement de paradigme : on passe d’une gestion administrative des talents à une orchestration stratégique de vos ressources humaines.

Alors, êtes-vous prêt à ouvrir les yeux sur le potentiel souvent caché de vos équipes ? La transformation commence par un simple inventaire… mais elle peut radicalement changer votre capacité à anticiper, développer et fidéliser vos talents.

Envie d’être accompagné dans cette aventure, de la conception à la mise en œuvre de votre référentiel sur-mesure ? Contactez-moi. Chaque organisation est unique, votre référentiel doit l’être aussi pour vraiment faire la différence.

Question à se poser
Quel est le talent caché dans votre organisation qui pourrait faire la différence demain ? Prenez 10 minutes pour réfléchir – la réponse peut surprendre.

Auteur

Fondatrice du cabinet de coaching et de conseil Kachōwa. J'utilise mon expertise pour accompagner les entreprises dans leurs projets de croissance et de transformation sur les sujets liés aux RH.

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